23 mai 2019

BŒUF AUX OLIVES...

... et tradition bouchère

En ces temps d’uniformisation des étiquettes, de leur simplification et ainsi de l’abétisation des consommateurs, je voudrais parler viande à ceux qui apprécient toujours d’en manger. En ces temp-là, quand Max, mon grand-père était boucher, sa vie de travail était partagée d'achats à La Villette, d’art de la découpe et du charme fait à ses clientes pour l’écouler. On trouvait aussi facilement des ouvriers-bouchers qui embrassaient la carrière, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. La vente était soumise à des règles strictes : pas d’abats en boucherie et pas de porc ni de cheval, uniquement vendus dans des boutiques spécialisées, les triperies et les boucheries chevaline. On voit souvent à Paris ces boutiques reconverties en commerce de vêtements en ayant gardé la façade, l'agencement et parfois même l’enseigne !

De l'art mais pas de cochon


La découpe aussi était réglementée, la quantité  de gras réduite au juste apport pour une bonne cuisson. Pour tous ces services, la clientèle savait varier les plaisirs, en choisissant des morceaux différents suivant l’usage, du bifteck dans le merlan, le rumsteak, l’araignée ou le faux-filet, du braisé dans le gîte-gîte, ou le paleron, du rond pour le steak hâché, de la tranche ou de la côte de bœuf pour le rôti, de la queue et de la poitrine avec os pour le pot-au-feu. Liste non exhaustive, sachant que la bavette est du ressort de la triperie. Tous ces morceaux débités bien entendu, à la demande.
Non seulement ces choix permettaient de varier les menus, mais aussi rendaient le métier rentable pour le boucher qui pouvait ainsi écouler sa marchandise, des morceaux nobles à ce qu’on appelle les bas-morceaux, sans pertes.
Aujourd’hui, les bouchers de plus en plus rares peuvent acheter des morceaux de viande pré-découpés, les bas-morceaux partant directement du négociant au hâchoir à viande pour la fabrication des hamburgers, graisse comprise. La découpe est mécanisée : on ne va pas tarder à trouver des côtelettes d’agneau au carré, sûrement plus faciles à cuire en poêle ! Et surtout, on trouve la viande découpée en tranches ou morceaux ce qui réserve parfois des surprises de fraîcheur.
Mon conseil : choisissez vos morceaux de viande en fonction de leur destination, exigez d’en connaître le nom et régalez-vous ! Je vous propose aujourd hui la recette du bœuf aux olives.

BŒUF AUX OLIVES

BŒUF AUX OLIVES


Pour 4/5 personnes

• 1 kg de bœuf dans le jumeau découpé en morceaux moyens • 1 oignon • 2 gousses d’ail  • 1 bouquet garni • ½ poivron vert • 250 g de petits champignons de Paris entiers • 200 g d’olives noires • 10 cl de vin blanc sec • 2 cuillerées à café de fonds de veau • 8 pommes de terre roseval

– Plonger les olives dans l’eau bouillante pendant 5 minutes et égoutter.

– Faire revenir le bœuf à l’huile d’olive de tout côtés. Ajouter l’oignon et l’ail émincés,  le poivron découper en bâtonnets et le bouquet garni. Laisser cuire cinq minutes, ajouter les olives et déglacer au vin blanc. Saler et poivrer et saupoudrer avec le fonds de veau. Mouiller à l’eau chaude à hauteur de la viande. Ajouter les pommes de terre.

– Baisser à feu doux et laisser cuire pendant 3 heures (1,5 h en cocotte-minute). Saupoudrer de persil frais avant de servir.

 

 


25 août 2013

HARIRA

Ou l’art d’accommoder les restes, suite : hier, j’avais • une côte filet double d’agneau et j’ai décidé de me préparer un petit couscous très simple et très intime. Dans une petite cocotte, j’ai fait revenir les parures et les os de la côte d’agneau dans de l’• huile d’olive, en gardant les noix que j’ai fait macérer dans un peu d’• huile d’olive, • du thym, • du sel et du poivre, dans le but de les griller au dernier moment.

HARIRA

J’ai ajouté • un oignon émincé, • une petite courgette, • une petite aubergine, • un demi-poivron vert, • un cube de bouillon de poule, • de la coriandre fraîche, • une cuillerée à café de cumin, • une de coriandre moulue, • une de cannelle, • une de piment doux, • deux de ras-el-ranout jaune, • deux cuillerées à soupe de concentré de tomates, • sel poivre. J’ai fait revenir le tout, puis, j’ai versé • un litre d’eau, attendu l’ébullition, mis à feu doux et laissé cuire pendant une heure et demie. A mi-cuisson, j’ai ajouté • une pomme de terre et une partie égouttée des • 250 g de pois chiches secs que j’avais fait tremper la veille et cuits le matin pendant une heure avec un • oignon, • sel et poivre, • feuille de laurier et • branche de thym

Avec • 80 g de graines de couscous, mélangées au même volume d’eau chaude salée et laissées gonflées 10 minutes sous torchon, puis égrénées à la fourchette, en attendant un court passage en micro-onde, et de nouveau passage à la fourchette juste avant de servir, et avec les côtes grillées, ce fut un délicieux couscous, suivi d’une belle tranche de pastèque pour terminer ce repas méditerranéen.

Et c’est là que les restes interviennent : que faire, le lendemain, du bouillon restant, garni de légumes ? une harira, soupe rustique bien épaisse, qui peut faire plat unique pour le soir. Chauffer le bouillon après avoir ajouté un peu d’eau, puis les pois chiches réservés. A l’ébullition, verser • une poignée de pâtes bec d’oiseau ou • cheveux d’anges. Laisser cuire doucement. On obtient ainsi la délicieuse soupe originaire d’Afrique du Nord, dans une version simplifiée elle aussi. A servir bien chaud.

Voir aussi le couscous tunisien d’origine que je vous ai donné en d’autres temps et qui mérite, lui, une grande tablée de convives.